L’ONG Alerte AVC Niger, une organisation non-gouvernementale locale qui intervient au Niger, composée de médecins spécialistes en neurologie, en collaboration avec le service de neurologie de l’hôpital général de référence, mettent en place un registre AVC. Ce document qui recueille de façon systématique les données de même nature liées à une pathologie, va permettre d’avoir une base des données régionale sur les AVC dans la ville de Niamey.
Selon Dr Zakaria Mamadou, neurologue -neurovasculaire, chef service Neurologie à l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Niamey, le registre AVC s’étalera à long terme à l’échelle nationale, et dans la sous-région. Le président de l’ONG Alerte AVC Niger a renchéri qu’ils ont eu d’abord à faire, dans ce projet, un dossier médical commun, unique et uniforme qui sera utilisé pour tous patient victime d’AVC admis dans l’un des quatre (4) hôpitaux de Niamey. Donc c’est à partir de ce dossier que les données seront reportées dans un logiciel pour faire des analyses statistiques. « Le plan d’analyse statistique est de faire d’abord trois, à six mois pour avoir une idée globale sur cette pathologie au niveau de la ville de Niamey et aussi à un an », a rassuré Dr Zakaria Mamadou.
Il a souligné en outre que ce projet pilote sur le registre AVC sur la Ville de Niamey, permettra de connaître le profil social-démographique des patients victimes de cette pathologie au sein des populations afin de réaliser des campagnes de sensibilisation ciblées et de proposer une politique de santé précise sur les AVC aux autorités compétentes.
Le neurologue a ensuite expliqué qu’il n’y a aucune base de données au Niger sur les AVC et qu’il y avait pourtant de nombreux cas au Niger. Ce registre AVC sera aussi le premier en Afrique sub-saharienne francophone.
« Le registre AVC va regrouper l’ensemble des hôpitaux de Niamey : l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Niamey, l’Hôpital National de Niamey (HNN), l’Hôpital National Amirou Boubacar Djibo (HNABD) et également le Centre hospitalier régional (CHR) Poudrière comme ce sont ces hôpitaux qui accueillent, en tout cas, la majorité des patients victimes d’AVC à Niamey », a indiqué le chef service Neurologie à l’HGR de Niamey.
Selon lui, « On n’a que des données hospitalières, c’est-à-dire chaque hôpital essaie de faire des études avec des petites cohortes sur quelques mois, a-t-il justifié.
Dr Zakaria Mamadou a ajouté que « ce registre va permettre non seulement de connaître ce qu’on appelle l’incidence sur le nombre d’AVC par an au niveau de la ville de Niamey, la prévalence mais également de voir quels sont les profils des personnes victimes d’AVC. Est-ce que c’est les femmes? Est-ce que c’est les personnes qui vivent dans la ville de Niamey ou bien c’est à la périphérie, qu’on retrouve plus de cas d’AVC ? ».
D’après le président de l’ONG Alerte AVC Niger, à l’issue des consultations, plus de 90% des patients hospitalisés en neurologie ont des AVC, dans les services de neurologie des hôpitaux, mais en parlant du nombre d’AVC à Niamey ou bien au Niger, il n’y a pas pour l’instant des chiffres.
Dr Zakaria Mamadou a pour terminer déclaré que « pour l’instant nous ne sommes soutenus que par l’OMS, qui a accepté d’accompagner ce projet en le finançant de façon quasi-totale, sur un an ». « Et vraiment ça va être difficile de continuer sans un partenaire ».

