Initié en 2015 pour la prévention et la prise en charge du diabète. le Projet Amélioration de la santé des diabétiques au Niger, piloté par l’ONG Forum Santé Niger (FORSANI), a commencé une première phase, puis la deuxième en 2022. L’heure est à la conception de sa troisième phase. Dans un entretien, Professeur Mahamane Sani Mahamane Aminou, Endocrinologue, Diabétologue et Nutritionniste, chef de service à l’Hôpital Général de Référence (HGR) de Niamey tire le bilan. Présentation du projet, ses missions, ses cibles, ses objectifs, ses activités, ses actions, les résultats de sept ans de sa mise en œuvre, les perspectives. Rien n’a été laissé de côté.
De prime abord, le médecin-chef a indiqué que le Projet Amélioration de la santé des diabétiques au Niger de l’ONG FORSANI est financé par la Fondation internationale du diabète. la World Diabetes Fondation, en anglais, une organisation internationale qui siège au Danemark. Selon lui, avec l’ONG FORSANI, il a été conçu la première phase du projet qui concernait cinq régions du pays, Niamey, Maradi, Tahoua, Dosso et Zinder.
Ce projet, dans un premier temps, avait comme objectif de décentraliser la prise en charge du diabète dans les autres localités du Niger, d’abord en renforçant Niamey et en l’étendant dans les autres localités, a-t-il expliqué. Il vise notamment la formation des agents de santé dans les cinq régions, l’installation ou la création des unités de soins des diabétiques et la prise en charge par des points focaux.
Le Professeur Mahamane Sani Mahamane Aminou a énuméré, « Nous en avons formé près de 200 agents de santé; installé à l’Hôpital de Niamey, et au centre hospitalier régional et dans les autres capitales régionales du Niger, des unités de soins diabétiques et désigné des points focaux qui ont reçu la formation des formateurs pour assurer la prise en charge des patients ».
La mise en œuvre du Projet Amélioration de la santé des diabétiques au Niger a été matérialisée par des résultats sur lesquels le Professeur Mahamane Sani s’est appesanti. « Quand ce projet avait commencé, il n’y avait pas des acteurs. Nous étions la première ONG, sur le plan national, à parler du diabète. Le diabète n’était pas bien connu au début. L’ONG FORSANI, grâce à ce projet-là et à travers la sensibilisation, a permis à la population de mieux connaître le diabète, de savoir que le diabète existe et aussi d’ériger des centres ou des unités que nous avons appelées les unités de soins diabétiques au niveau des différentes régions ».
A côté, le Projet Amélioration de la santé des diabétiques au Niger a des consultations dans son agenda. « Nous organisons régulièrement, deux fois par an, les dépistages du diabète lors des caravanes des étudiants en médecine des cinq régions», a précisé le diabétologue.
Les consultations sur le diabète se font à travers les unités de soins des diabétiques à Niamey et à l’intérieur.Nous recevons chaque jour une vingtaine de patients, soit pour les cinq jours nous avons une consultation d’une centaine de patients», a-t-il estimé. Il a signalé également, dans les autres régions, des chiffres de 40, 50 à 60 patients par semaine parce que l’affluence est moins que celle de Niamey. L’ONG FORSANI a pris en charge plus de 6000 patients selon le diabétologue.
Le Professeur Mahamane Sani Mahamane Aminou a mentionné, la sensibilisation : « Nous faisons également de la sensibilisation à travers la distribution des prospectus des informations sur le diabète.Pour faire comprendre à la population c’est quoi le diabète, comment prévenir le diabète et quand on a le diabète comment prendre en charge son diabète ». FORNASI a également à travers la production et la diffusion des spots d’une minute trente secondes, dupliqué des messages en français et dans les sept langues les plus parlées au Niger.
La deuxième phase de ce projet a essentiellement consisté à l’éducation thérapeutique des patients.Une manière, de permettre aux patients dans les centres de prise en charge, à s’auto-prendre en charge, a-t-il ajouté. Selon lui, tous les jeudis une séance est dispensée dans notre hôpital, à partir de 11 heures pour permettre aux patients de prévenir les complications de cette maladie.
Ce projet a en outre permis de disposer et de donner à la population des stands de dépistage gratuits du diabète deux fois par an lors des caravanes et pendant la Journée mondiale du diabète le 14 novembre. Ce qui permet à bon nombre de patients ou des personnes qui ont dans leurs familles des diabétiques ou qui ont des facteurs de risque du diabète, de connaître bien si elles ont le diabète ou pas. Il a permis également, la dotations des centres ou des unités en insulines qui, pendant deux ou trois ans, ont permis aux patients d’avoir gratuitement ces produits et d’améliorer leur prise en charge, et d’en éviter la rupture.
Le Projet Amélioration de la santé des diabétiques au Niger travaille avec ses partenaires dont le ministère de la Santé publique, le Programme national de lutte contre les maladies non transmissibles ainsi que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui l’appuie en formations. Pour la traçabilité de ses activités, il fait le suivi. « Nous avons, une fois par an, une campagne, une visite ou une supervision de nos activités dans les huit régions », a expliqué, le diabétologue. S’ensuivent, tous les ans, des rapports des activités, transmis au ministère de la Santé publique et à celui de l’Intérieur en charge de la gestion des ONG.
Abdou Mamane

