La maroquinerie reste un secteur qui emploie beaucoup de femmes au Niger. Cette filière d’avenir qui intéresse de plus en plus les femmes, est beaucoup pratiquée dans les régions de Tahoua, Tillabéry et Agadez. Pour la développer davantage dans les autres régions comme Niamey où elle peu présente, des formations sont organisées au profit des jeunes surtout des filles.
Hadiza Amadou du Centre des Métiers de l’Artisanat au Niger (CMAN) connaît le bien-fondé de l’apprentissage et invite les femmes à embrasser le métier de la maroquinerie pour gagner leur pain. Ce choix, elle le propose non pas parce qu’il n’y a pas d’apprenants mais parce que c’est un métier à la fois simple et prometteur. « C’est un travail simple qu’on peut faire même à la maison, sans se déplacer à l’atelier ; c’est-à-dire qu’on peut bien faire en même temps qu’on fait la cuisine », justifie-t-elle.
L’autre raison que la dame Hadiza Amadou avance est que « le secteur de la maroquinerie est très important ici au Niger parce qu’on a beaucoup de cuir ». Le Centre des Métiers de l’Artisanat au Niger (CMAN) organise également des formations pour des jeunes filles qui s’intéressent à la maroquinerie, ajoute-t-elle. Ces formations sont exécutées grâce à l’appui du Fonds d’appui à la formation professionnelle (FAFPA), un de ses partenaires privilégiés. « On cherche des jeunes filles pour leur donner des formations en maroquinerie pour faire des poufs, des sacs, des chaussures, les sacs de dame ». Maintenant, ils travaillent, ça va petit à petit se réjouit-elle.
Bien qu’elle n’ait pas la maîtrise du nombre exact de jeunes formés, Mme Hadiza a souvenance que « chaque année, grâce à l’appui du FAFPA, nous formons beaucoup de jeunes » et reconnaît aussi que « les femmes artisanes aiment plus faire » la maroquinerie.
Toutefois, les formations se font en fonction de la motivation des apprenantes. « Ça dépend de ce que la femme veut mais on trouve plus beaucoup de femmes couturières, beaucoup de femmes qui font l’agro-alimentaire maintenant comme l’agro-alimentaire, il y a beaucoup de choses », relativise-t-elle.
Selon Aïchatou Dan Baki, secrétaire générale de la section féminine de la Fédération Nationale des Artisans du Niger (FNAN), la maroquinerie, c’est un secteur appliqué mais par les femmes notamment les femmes touarègues. « C’est elles qui travaillent mais les autres, comme les Haoussa, les Djerma, les Béribéries, n’aiment pas toucher au cuir. Les régions où on pratique plus de maroquinerie, c’est les régions d’Agadez et de Tahoua ». Et « si on enlève les régions, il ne reste pas beaucoup de femmes qui travaillent la maroquinerie », conclut-elle.
Cet avis est partagé par Sahabi Yaji, président de la FNAN. « Beaucoup de femmes dans la maroquinerie se trouvent dans les régions d’Agadez, de Tillabéri et de Tahoua », précise-t-il, estimant que « majoritairement, c’est surtout les métiers de coiffure, restauration, transformation agro-alimentaire, vannerie. Les femmes sont plus présentes dans l’agro-alimentaire ». Elles sont aussi dans les métiers de la transformation de l’agro-alimentaire, de la vannerie, de la couture, du tissage, un peu la maroquinerie.
Toutefois estime-t-il, ce n’est pas que les autres métiers sont exclusivement réservés aux hommes mais dans la pratique c’est surtout les hommes qui embrassent ces métiers. « Il y a des femmes de plus en plus mais ce n’est pas la bijouterie traditionnelle telle qu’on la connaît mais la joaillerie, c’est-à-dire le travail des perles. On retrouve présentement beaucoup de femmes dans ce métier », renchérit-il.
Le président de la FNAN, explique en outre qu’il y a un complexe au Niger.Il estime qu’il y a des métiers réservés aux femmes et il y a des métiers réservés aux hommes. « C’est ainsi que la restauration, la cuisine, la coiffure, la transformation des divers produits, c’est essentiellement les femmes qu’on retrouve dedans. Il y a quelques hommes dans la restauration, il y a des hommes qui font les grillades et autres mais quand il s’agit de la transformation, c’est essentiellement les femmes », illustre-t-il.
Selon Sahabi Yaji, au plan national, 60% de l’effectif des artisans sont les femmes. La Fédération regroupe 527 associations dont 200 associations sont des associations féminines, avec un effectif de 39.000 membres. « La gent féminine occupe une place prépondérante dans le secteur de l’artisanat », déclare-t-il. Il indique aussi que Les femmes sont surtout présentes dans tous les salons,foires et forums organisés dans la sous-région, à l’échelle nationale et sur le plan international.
Plus loin, il explique que l’artisanat au Niger est un secteur très riche et très varié, comprenant 291 métiers et 365.000 micro et petites entreprises. Il contribue à 20% au produit intérieur brut (PIB). « C’est un secteur qui lutte contre la pauvreté, forme les jeunes et distribue la richesse de par le nombre d’emploi qu’il crée», estime-t-il, ajoutant que « ce sont environs 900.000 Nigériens qui vivent de l’artisanat, ça c’est l’emploi direct ».
