La formation est un volet essentiel dans le secteur de l’artisanat féminin. Le Centre des métiers d’artisanat du Niger (CMAN) a également un volet encadrement et formation de jeunes, surtout les filles, sur le métier indépendant et porteur de la maroquinerie.


Abdoulkarim Issaka, formateur en poterie et en maroquinerie, forme des stagiaires depuis 11 ans ; qu’il s’agisse des filles ou des garçons. Dans son atelier du CMAN au quartier Plateau de Niamey, entouré de ses apprenants, il s’affairait à donner forme aux objets et gadgets en cuir. Depuis 2011, c’est son activité principale. « Il n’y a pas mal de filles que j’ai formées dans la maroquinerie et la poterie. Il y a à peu près une quarantaine de filles qui ont fait le stage avec moi, en même temps les garçons aussi », estime-t-il.
Selon lui, la période de la formation dépend des filles qui n’ont pas souvent les mêmes expériences de capture dans le métier. « Normalement, en deux ans de formation initiale pratique, le stagiaire peut être autonome pour travailler à son propre compte », explique Abdoulkarim Issaka qui reconnaît avoir donné un nombre estimatif des stagiaires qu’il a formés.
Affirmatif ! S’exclamait Charifatou Ango Guimbé, 27 ans, titulaire d’un Brevet d’enseignement professionnel (BEP), venue se former en maroquinerie auprès de lui. « Je suis ici parce que j’aime le métier et puis c’est un métier qui rapporte. J’ai vu que c’est un métier indépendant. Tu dépens de toi-même, toi qui fais la chose », murmure-t-elle.
La jeune dame crée des modèles et son projet pour l’avenir consiste à avoir son propre atelier en vue également de former des jeunes. Elle trouve le métier à la fois difficile et facile. « Quand on l’apprend, c’est un peu difficile parce que tu ne connais pas la chose. Tu es là pour apprendre. Tu vois l’apprentissage et tout ça mais une fois l’avoir maîtrisé, c’est très facile », relativise-t-elle.
En tout cas, la formation peut durer deux ans. « Je forme les filles pendant trois ans et je leur donne leurs diplômes. Après les trois ans, chacune va dans son unité », déclare Aboubacar Amera, un autre artisan et formateur en maroquinerie au CMAN qui forme depuis cinq ans. « La première vague est passée, elle comptait 15 filles. Maintenant, j’ai pour la deuxième vague 30 autres stagiaires dont sept garçons», indique Amera qui cite plusieurs produits et gadgets entrant dans la maroquinerie que lui et ses stagiaires confectionnent le long de la formation, notamment les sacs dames, sacs hommes, pochettes dames, portefeuilles hommes et les ceintures.
Mamane Abdou

