Depuis octobre 2023, l’Association Nigérienne pour le Traitement de la Délinquance et la Prévention du crime (ANTD), à travers ce projet finance par le Fonds Humanitaire Régional Afrique de l’Ouest et du Centre (FHRAOC), assiste les communautés déplacées internes et hôtes en protection de l’enfance et en éducation en situation d’urgence. Les communes d’Ayorou et Téra, affectées par la crise sécuritaire, dans la région de Tillabéry bénéficient des actions de ce projet. Son but, selon le responsable Mahamadou Hassan est d’apporter une assistance multisectorielle et intégrée aux besoins urgents de ces personnes durant une année. Dans le cadre de ces activités, les équipes terrains procèdent à la sensibilisation des parents, des tuteurs et aidants, et des communautés dans la reconnaissance, la prévention et la réponse aux risques liés à la protection de l’enfant.

Au total 2858 déplacés ont été sensibilisés sur les premiers secours psychologiques aux enfants victimes de traumatismes durant le premier trimestre.
Sur le site carré à Téra regroupant environ 420 ménages des ressortissants de Bankillaré et de Djagourou et sur ceux d’Inatess, Toukoussaï, Tidirkalein ou vivent près 614 ménages, les équipes de ANTD organisent régulièrement des séances de sensibilisation.

L’objectif de ces sensibilisations est de former les communautés sur les premiers secours psychologiques aux enfants victimes de traumatismes, souligne Mohamed Aboubacar président du site carré à Téra. Ces échanges permettront aux différentes personnes concernées d’identifier les enfants malades ou victimes de traumatismes. Ensuite suivra la prise en charge sanitaire, explique Niandou Yacouba point focal ANTD :
« vous savez, un enfant qui a assisté à l’assassinat brutal de son parent ou un membre de sa famille est frustré, et marqué de tel sorte que cela reste comme une folie, il ne pourra pas jouer comme les autres enfants, certains n’arrivent même pas a bien manger», il poursuit en disant que : « ces enfants si on ne les identifie pas vite ils sont exposés à plusieurs dangers, il faut les recenser et évaluer leurs besoins réels », c’est ce que nous disons au parents pour qu’ils comprennent renchéri-t-il. Parmi ces signes il y a les incessantes pleures, les cauchemars au cours du sommeil, et la perte de poids.

Ouzei est mère de trois enfants, elle a aussi sous sa tutelle un orphelin qu’elle a recueilli après le décès de ses parents. La jeune dame déclare qu’en plus de son fils de six ans qui est souffrant, le jeune orphelin fait des cauchemars presque toutes les nuits, il crie et demande de l’aide en disant qu’il y a des gens qui vont tuer son papa. Elle confirme que « L’ANTD dit qu’il viendra chercher ses enfants pour les faire soigner et ensuite les intégrer dans leurs familles respectives ».
Aminatou, elle est mère de quatre enfants, dont deux sont malades. « Moi j’ai deux enfants dont la plus petite a mal à l’oreille et l’autre, le garçon est né avec un handicap il n’arrive pas à retenir ses urines et ses déchets ».
L’équipe terrain chargée des sensibilisations et de l’identification est composée d’un travailleur social, un psychologue, un animateur et d’agent de santé. En plus de la prise en charge sanitaire, l’association fait la distribution de kits alimentaire, de kits de dignité destiné aux jeunes filles, et de kits vestimentaires.

