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Scolarisation des filles : Une gamme de mesures pour promouvoir la parité au Niger

jeune à l'ecole au niger

L’État nigérien, avec l’appui de ses partenaires, a fait de la question de la jeune fille son leitmotiv depuis quelques années. A travers une direction qui lui en est exclusivement dédiée au ministère en charge de l’éducation nationale, la jeune fille se trouve au centre de toutes les préoccupations. Son inscription, sa rétention, la poursuite de ses études, sa réussite…, sont sous l’œil d’une puissante armada de stratégies. La sensibilisation, la création des internats des filles, l’octroi des bourses et des kits, le mentorat…, toute une panoplie de mesures d’accompagnement s’invite pour permettre à la jeune fille d’exploiter ses talents intellectuels et professionnels à l’image du jeune garçon.

Selon le Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) 2012, les femmes représentent 51% de la population nigérienne, souligne la Directrice de la Promotion de la Scolarisation des Filles au ministère de l’Éducation Nationale. D’après elle, du primaire au secondaire, la jeune fille constitue une laissée-pour-compte derrière le garçon. Une raison suffisante pour Mme Lamine Yaroh Fatimé, la Directrice de la Promotion de la Scolarisation des Filles du ministère de l’Éducation nationale, de lancer un cri de cœur. « Je demande à tout parent d’envoyer les enfants, que ça soi les filles ou les garçons à l’école et surtout la fille parce qu’elle est vulnérable, elle très vulnérable», confirme-t-elle. On enregistre une diminution d’élèves, surtout dans les milieux rurales, il y a un grand nombre de parents analphabètes, alerte-t-elle.

Au Niger, en 2021 le taux brut d’admission (TBA) était de 77, 65% chez les garçons et 71, 82% chez les filles au primaire contre 91, 42% chez les garçons en 2022 et 81, 93% chez les filles.

Toujours au niveau du primaire, le taux brut de scolarisation (TBS) en 2021 était de 72, 21% chez les garçons contre 64, 03 % chez les filles et en 2022 le TBS chez les garçons était estimé à 72, 40 % et chez les filles 64, 29 %. Si on prend le TAP en 2021, on enregistrait 65, 20 % chez les garçons 56, 73 % des filles et en 2022, nous avions 56, 69 % chez les garçons et 49, 31 % chez les filles. Selon la responsable de la SCOFI, on doit assister la jeune fille, l’accompagner surtout qu’il y a une direction qui est là pour sa promotion, son maintien, sa scolarisation, sa réussite.

Au niveau du secondaire, le problème reste entier. Au premier cycle, en 2021, le TBA était de 36, 07 % chez les garçons et 32, 04 chez les filles contre 37, 47 % chez les garçons et chez les filles 33, 15 %, en 2022, avec un TBS de 31, 02% chez les garçons et 27, 03 % chez les filles en 2021 alors qu’il était de 30, 90 % chez les garçons et 27, 83 % pour les filles en 2022. Quant au taux net de scolarisation (TNS), en 2021, il était de 23, 04 % chez les garçons et 20, 04 % chez les filles tandis qu’en 2022, il était de 23, 15 % chez les garçons et 21, 00 % chez les filles.
En se référant à la situation des filles dans les villages, Mme Fatimé insiste : « Donc, vraiment, on doit les accompagner. Par exemple, si nous prenons nos mamans qui sont en campagne, cela va soulager les tâches domestiques aux filles. Elle a son cahier à lire, à apprendre et elle doit faire la cuisine. Elle doit aller chercher du bois, elle doit aller vendre la galette. C’est dur pour la jeune fille.

Les mêmes écarts entre filles et garçons continuent au second cycle du secondaire où en 2021, le TNS était de 11 % chez les garçons et 07, 04 % chez les filles, soit une baisse du taux ; le TBA quant à lui était de 06, 04 % chez les garçons et 04, 28 % chez les filles en 2022 et le TBS de 13, 02 % chez les garçons et 08, 03 % chez les filles en 2021. Pendant que le TNS était de 06, 08 chez les garçons et 04, 06 % chez les filles en 2021 contre 04, 21 % chez les garçons et 02, 81 % chez les filles en 2022.

Autant d’alertes qui suscitent une mutualisation d’efforts et de cris de cœur de la part de la Directrice de la Promotion de la Scolarisation des filles selon qui, la fille doit poursuivre ses études au même titre que le garçon. « On laisse les filles venir à l’école parce que si elles réussissent, c’est tout le monde qui réussit. On doit aller de l’avant », estime-t-elle. « Si la fille réussit, c’est toute la nation qui réussit », ajoute-t-elle.

La Directrice de la Promotion de la Scolarisation des Filles du ministère de l’Éducation nationale renchérit : « Si la fille réussit, même si on part au village, si on voit la maman ou le papa de la fille qui a réussi, ils sont strictement différents des mamans ou papas des garçons qui n’ont réussi ». Elle ajoute en s’appuyant sur une maxime populaire haoussa : « uwa madan, tahi uwa mushe », qui signifie littéralement « la mère d’une femme fonctionnaire est plus que celle d’un homme fonctionnaire ».
Depuis bientôt dix ans, le gouvernement nigérien accorde une place importante à l’éducation des filles surtout, à travers la Stratégie du Programme Sectoriel de l’Éducation et de la Formation, le PSF 2014-2024. Avec ses partenaires, il mène, à travers la Direction de la Promotion de la Scolarisation des la Filles, un travail de fourmi pour combattre la déperdition. Puisque « Plus on avance, plus le nombre des élèves diminue. Mme Fatimé précise que « La majorité de la population, surtout dans le milieu rural, est analphabète ».

Pour ce faire, « Nous menons beaucoup de sensibilisation dans les campagnes pour amener les parents à accepter à s’inscrire leurs enfants à l’école, surtout la jeune fille parce que même si la jeune fille a son certificat, pour aller au secondaire, ça pose problème. Souvent, l’école est éloignée du lieu d’habitation et toujours les filles sont victimes des violences basées sur le genre (VBG) en milieu scolaire ; ça réduit les chances des filles de poursuivre leurs études. « Parfois ces jeunes filles parcours jusqu’à cinq kilomètres ou même plus pour aller dans un autre village pour pouvoir continuer leurs études », souligne-t-elle.
Elle ajoute par ailleurs que le mariage précoce est considéré comme violences basées sur le genre en milieu scolaire car malheureusement, très souvent cela a même des conséquences sur la santé de la jeune fille. A titre d’exemple, la Directrice de la Promotion de la Scolarisation des Filles mentionne le cas des filles fistuleuses.

Selon elle, l’État a mis des gros moyens pour atténuer cette hémorragie parce qu’avec la création des internats des jeunes filles, il est en train de faire de son mieux pour amener les parents à laisser les jeunes filles à aller à l’école parce que beaucoup de campagnes de sensibilisation ont été organisées. Il a en outre créé, dans ce même cadre, des structures telles que les Associations des mères éducatrices (AME) qui prennent le relais au niveau des campagnes et sensibilisent les parents, les communautés, avec l’appui du ministère et des partenaires, à laisser les enfants à aller à l’école, surtout les filles.
Par rapport à la question des bourses, la direction de la SCOFI travaille avec le projet Lafiya Iyali pour impliquer les Chefs de villages, les Maires, les Préfets, les Directeurs d’écoles dans la sensibilisation, notamment au niveau de 15 communes de Maradi et 16 communes de Zinder. « L’objectif de ce projet-là, c’est d’accompagner chaque fille de ces 31 communes», indique Mme Lamine Yaro Fatimé qui estime que « tout le monde va vouloir à ce que son enfant, sa fille vienne à l’école pour qu’elle bénéficie de la bourse ». Il s’agit d’inciter ces filles-là. « A la rentrée, elles auront leurs kits, le kit hygiène et le kit scolaire. Donc, c’est avec elles qu’on a commencé expérimentation et nous pensons faire des propositions à d’autres partenaires pour qu’ils nous accompagnent parce que notre pays est très vaste », poursuit-elle.

Dans le même ordre d’idées, les ONGs donnent aux filles des bourses et le projet Lafiya Iyali et le Programme alimentaire mondiale (PAM), ainsi que le projet Enabel, le projet belge Inabel Saraounia II contribuent à la construction des classes et des latrines, selon Fatimé.
Elle cite également, comme mesure, le mentorat, c’est-à-dire le renforcement des capacités des élèves. « Si on prend par exemple des élèves qui n’ont pas un bon niveau, donc nous avons certains de nos partenaires qui nous appuient, comme l’UNICEF et les autres aussi. Ils nous appuient à aller renforcer le niveau de ces élèves-là en dehors des heures de cours. On prend des mentors/ répétiteurs qui reprennent les cours pour qu’ils aient un bon niveau », illustre-t-elle.
« Même les enseignants, on les regroupe pour aussi les former, pour les recycler », soutient-elle. Et dans ce travail spécifique, les projets Lafiya Iyali et Enabel assistent la direction de la SCOFI à la formation des enseignants, des AME, des Comités de Gestion des Établissements Scolaires (COGES)/ les Comités Décentralisés des Établissements Scolaires (CGDES) et des structures de la SCOFI), avec souvent même l’octroi d’appareils. Pour le moment, tout est en phase d’expérimentation, à travers des échantillons. Et « quand ça va commencer à marcher, on va essayer d’explorer d’autres terrains », rassure Mme Lamine Yaro Fatimé.

Abdou Mamane et KMK

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